vendredi 4 mars 2016

Congédier l'entraîneur: toujours la solution?

Si j'étais directeur-général d'une équipe, je favoriserais la stabilité, ce n'est pas la première fois que j'en parle. Tirer sur la gâchette aussitôt qu'une séquence de défaite survient est, selon moi, rarement la solution. Ou du moins, rarement la solution à long terme, et une solution trop facile pour la direction. 

On ne parlait que de congédier Bruce Boudreau cet automne à Anaheim, alors que les Ducks jouaient bien en-deçà de ce dont ils étaient capables. Au 21 décembre, ils étaient bons derniers de leur division avec une fiche de 12-15-5. 

Ils ont pris aujourd'hui la tête de la division, devant les Kings, avec une fiche de 36-19-8. Ils sont toujours une puissance de la ligue, et font partie des aspirants à la coupe Stanley.

Les Penguins n'ont pas eu la même patience. Ils ont congédié le pauvre Mike Johnston, qui montrait pourtant une fiche gagnante. Aucune différence avec le nouvel entraîneur Mike Sullivan, qui montre un pourcentage de victoires de .587 actuellement, alors que l'équipe montrait un pourcentage de ... .589 avant son arrivée. Dans ce cas-ci, j'ai toujours pensé que ce congédiement était totalement injuste, et le blâme revient à Jim Rutherford, qui n'a pas admis ses torts, et a renvoyé son coach pour protéger son job. Je n'ai d'ailleurs jamais compris pourquoi les Penguins ont mis ce dinosaure au poste de directeur-général.

L'embauche du vieux routier John Tortorella à Columbus n'a absolument rien changé. L'équipe n'a jamais décollé des bas-fonds.

En contrepartie, même s'il est encore tôt pour parler du changement d'entraîneur chez le Wild, leur décision semble fonctionner jusqu'ici. Depuis l'arrivée de John Torchetti en relève à Mike Yeo, l'équipe semble avoir retrouvé son aplomb dans la course aux séries, contre son principal adversaire, l'Avalanche du Colorado.

Est-ce que Michel Therrien conservera son poste à Montréal? J'espère que oui. Il est clair que les résultats n'allaient pas être les mêmes avec l'absence du meilleur joueur de l'équipe pendant la majeure partie de la saison. Il ne mérite absolument pas de se faire blâmer pour la chute des Canadiens. Au contraire, je trouve que les joueurs ont montré un bel effort, et ne semblent pas avoir laissé tombé leur entraîneur - principal signe d'un congédiement éminent- à l'exception de certains matchs.

Et si on regarde à Boston... À combien de rumeurs de renvoi Claude Julien a-t-il survécu depuis son arrivée? Les Bruins jouent bien au-dessus des attentes cette saison, et devraient aisément se qualifier pour les séries. Julien passe aujourd'hui pour un génie.

Stabilité, stabilité...


mercredi 2 mars 2016

La classe dans le sport...

...Et le respect des amateurs.

Il y a les gagnants, il y a les perdants. Il y a ceux qui ont de la classe, qui sont respectés. Il y a ceux qui ne pensent qu'à eux. Ceux qui jouent en équipe, pour gagner. Il y a ceux qui jouent pour leur intérêts personnels, leurs statistiques, leur salaire, qui sont plus gros que leur équipe.

J'ai été déçu de constater l'attitude de Jose Bautista, cette semaine, lorsqu'il a été questionné sur sa négociation de contrat pour l'an prochain. Oui, Bautista est un élément essentiel aux succès des Blue Jays. Mais je vois mal comment une attitude aussi égoïste peut lui garder sa place de leader dans l'équipe. Une chose est sûre, Bautista a beau être un des meilleurs frappeurs de puissance de la ligue, il s'est lui-même rajouté de la pression sur les épaules pour la prochaine saison, d'autant plus qu'il est maintenant âgé de 35 ans:

« Je ne crois pas qu'il devrait y avoir des négociations. Je pense avoir prouvé ma valeur et la question, ce que ça prendra, m'a été posée. J'ai donné ma réponse, a expliqué Bautista. Je ne vais pas négocier pour quelques dollars. »

 « Ça n'existe pas. Pas dans mon monde, a-t-il déclaré. À mon avis, j'ai déjà donné cinq ans à rabais à cette organisation. »

Violent contraste avec son coéquipier Edwin Encarnacion, qui en est aussi à sa dernière année de contrat. 

« C'est arrivé la dernière fois, nous en avons parlé. En conséquence, je ne veux plus négocier pendant la saison, a-t-il confié. Je veux me concentrer sur ma principale tâche, c'est-à-dire aider l'équipe à gagner des matchs.

 « Mon chiffre? Ouais, je veux frapper 40 circuits »

« Je ne veux pas discuter d'un contrat pendant la saison parce que je veux être concentré à 100 pour cent sur mon jeu. »

  « Bien sûr que je veux rester avec cette équipe. J'aime cette équipe, j'aime la ville, mais ce n'est pas moi qui prend les décisions, a-t-il rappelé. Ça dépend de ce qu'ils pensent. Mais j'espère qu'on en arrivera à une entente de façon à ce que je puisse terminer ma carrière ici. »

jeudi 11 février 2016

L'avenir des Maple Leafs

Les Maple Leafs de Toronto se préparent pour les festivités des 100 ans de l'organisation l'an prochain. Jusqu'à tout récemment, on aurait pu s'attendre à un vrai désastre, en plus du fait qu'ils n'ont pas de succès sur la glace depuis une bonne douzaine d'années.

L'été dernier, des embauches majeures ont été faites, mais au lieu d'engager des joueurs, les vedettes sont surtout les têtes dirigeantes. Menés par Brendan Shanahan, ce sont maintenant les Kyle Dubas, Mike Babcock, Jacques Lemaire et Lou Lamoriello qui ont le mandat de replacer le train sur les rails.

Je dois dire qu'à défaut d'avoir une bonne équipe pour l'instant, les dirigeants font un solide travail jusqu'ici. Lamoriello a d'ailleurs réussi tout un tour de force en réussissant à se départir des lourds contrats de Dion Phaneuf, Phil Kessel et David Clarkson, tous consentis en 2013, et qu'on disait impossibles à échanger.

Les Leafs peuvent maintenant vraiment penser repartir à neuf. La relève n'est pas mauvaise, avec notamment les Jake Gardiner, Morgan Rielly, Kasperi Kapanen, Mitch Marner, et autres. Sans compter qu'ils ont une option intéressante pour la loterie du prochain repêchage, pour mettre la main sur le convoité Auston Matthews.

Une chose est certaine, les Maple Leafs ont fini de faire rire d'eux, et l'avenir s'annonce très intéressant à suivre.

Finalement, pour préparer la grosse saison 2016-17 à Toronto, on a décidé de changer le logo de l'équipe. Une chose rare, surtout pour une équipe du original 6. On adopte donc un logo grandement inspiré de celui porté jusqu'en 1942.

vendredi 5 février 2016

2015-16 L'année de l'effondrement des Canadiens


Au début de la saison, tout semblait possible. Avec une fiche de 19 victoires-4 défaites, le meilleur gardien de la ligue nationale, et un tout nouveau Capitaine, on commençait sérieusement à rêver à une première coupe Stanley depuis 1993.

Quelques mois plus tard, on se rend compte à quel point le gardien était bon. Son apport allait même au-delà des performances sur la glace, avec une équipe qui n'est plus l'ombre d'elle même. Au moment où j'écris ces lignes, la fiche est maintenant 24 victoires-24 défaites, et se dirige droit vers une élimination des séries. Un effondrement total. Non seulement la fiche de l'équipe a fondu comme neige au soleil, mais les partisans, qui ont rempli le Centre Bell à capacité pendant plus de 10 ans, commencent tranquillement à manquer à l'appel. Michel Therrien, le génie qui a réussi à discipliner ce groupe de jeunes joueurs, est maintenant menacé de perdre son travail. Marc Bergevin, respecté pour son travail de construction par le repêchage, est critiqué parce que l'avenir de l'équipe ne s'annonce pas si rose...

Cet effondrement spectaculaire en rappelle quelques autres survenus lors des dernières années...

Canadiens de Montréal, 2008-2009

Les Canadiens venaient de conclure, la saison précédente, une étonnante saison où ils avaient terminé au premier rang de la conférence de l'Est. Le scénario de rêve était déjà écrit: Les Canadiens allaient remporter la coupe Stanley l'année où ils fêtent leur 100 ans! Avec un bon début de saison, où les victoires s'accumulaient au même rythme que les célébrations aux couleurs des chandails historiques, l'accès aux séries semblait chose facile. Le vent tourne un peu après le temps des fêtes, mais la fête continue avec la présentation grandiose du match des étoiles à Montréal en janvier. Le retour du congé fait mal: dégringolade au classement, congédiement de l'entraîneur Carbonneau, les Canadiens se qualifient de justesse pour les séries (par bris d'égalité), et se font balayer au premier tour.

Fiche avant le 1er janvier: 21-9-6
Fiche après le 1er janvier: 13-15-5
Fiche en séries: 0-4

Sénateurs d'Ottawa, 2007-2008

Tout comme les Canadiens de 2009, les Sens sortaient tout juste d'une brillante saison, avec une participation à la finale de la coupe Stanley. La saison 2007-08 s'amorce de belle façon. Les joueurs jouent avec le couteau entre les dents et veulent se rendre jusqu'à la coupe cette fois-ci. Après un départ-canon, tout s'effondre. L'équipe se met à perdre match après match, et même la place en séries est menacée. L'entraîneur-chef de la saison précédente, Bryan Murray, qui a été promu directeur-général, est même forcé de revenir derrière le banc, mais est incapable de stopper l’hémorragie. Les Sénateurs accèdent aux séries de justesse, mais se font balayer contre les Penguins de Pittsburgh, qui vengent ainsi leur élimination du printemps précédent.

Fiche avant le 1er janvier: 25-9-4
Fiche après le 1er janvier: 18-22-4
Fiche en séries: 0-4


Deux effondrements au baseball: Les Braves et les Red Sox de 2011

Considérée comme une des courses au championnat les plus spectaculaires de l'histoire du baseball, l'année 2011 restera celle de l'effondrement spectaculaire de deux équipes en même temps. Les Red Sox, avec un puissant groupe de joueurs-vedettes représentent la meilleure équipe des majeures avec une fiche de 83-52 à la fin du mois d'août. Les Braves mènent la division est de la ligue Nationale avec une fiche de 80-55. Le mois de septembre est catastrophique: 9-18 pour les Braves, 7-20 pour les Red Sox. Les deux se feront éliminer lors du dernier match de la saison, lors d'une journée complètement folle, alors que 4 matchs remplis de rebondissements donnent des maux de têtes aux télédiffuseurs qui ne veulent rien manquer de l'action.

jeudi 4 février 2016

Le match extérieur des anciens au Coors Field

Le 27 février prochain aura lieu le match de la "Stadium Series" au Coors Field de Colorado, le stade des Rockies.

En plus des invités de marque qui avaient déjà confirmé leur présence, entre autre les Patrick Roy, Joe Sakic, Peter Forsberg et même Nicklas Lidstrom, une grosse addition a été annoncée aujourd'hui...


Les alignements sont presque identiques aux équipes qui s'affrontaient lors de la grande rivalité de la fin des années '90-début 2000. Ce match devrait nous rappeler de bons souvenirs. J'espère qu'il sera télévisé.

Malheureusement, je constate qu'Adam Deadmarsh ne semble pas remis de la commotion qui a mis fin à sa carrière trop rapidement, car il a été annoncé comme entraîneur plutôt que comme joueur. Deadmarsh n'a pas joué depuis 2003, alors qu'il souffrait d'étourdissements.

Raymond Bourque jouera donc dans un deuxième match extérieur cette saison, après avoir participé à la classique hivernale en tant que membre des anciens Bruins.

Avalanche Red Wings
Craig Billington Doug Brown
Rob Blake Dino Ciccarelli
Ray Bourque Chris Chelios
Adam Foote Mathieu Dandenault
Peter Forsberg Kris Draper
Milan Hejduk Steve Duschene
Dan Hinote Jiri Fischer
Valeri Kamensky Tomas Holmstrom
Mike Keane Mike Knuble
Jon Klemm Joe Kocur
Claude Lemieux Martin Lapointe
Curtis Leschyshyn Igor Larionov
Eric Messier Manny Legace
Sandis Ozolinsh Nicklas Lidstrom
Shjon Podein Kirk Maltby
Mike Ricci Darren McCarty
Patrick Roy Larry Murphy
Joe Sakic Steve Yzerman
Chris Simon
Stephane Yelle
Adam Deadmarsh (coach)

jeudi 17 décembre 2015

Le roi des coups sûrs devra encore attendre...

Pete Rose a payé pour ses erreurs. Banni du Baseball Majeur depuis 1989, il est temps qu'on ferme les livres et qu'on le réintègre, afin qu'il puisse se faire introniser au temple de la renommée de son vivant.

Le baseball majeur en a décidé autrement cette semaine. C'est décevant, je me serais attendu à plus d'ouverture d'esprit de la part du nouveau commissaire Rob Manfred, alors qu'on savait que le vieux Bud Selig ne voulait rien savoir à ce sujet.

Avec ses 4256 coups sûrs en carrière, Rose est au premier rang de l'histoire du baseball. Il a joué 2722 matchs avec les Reds de Cincinnati, 745 avec les Phillies de Philadelphie, et 95 avec les Expos de Montréal. Ses problèmes de jeux l'ont emmené à parier sur des matchs alors qu'il était joueur.

Pendant ce temps, les stéroïdes sont toujours un fléau dans la ligue. Les joueurs fautifs conservent leurs records...

Rose admet encore parier à l'occasion, pour le plaisir, et gagne sa vie très modestement en participant à des évènements où il signe des autographes pour les partisans.

Ce vieil homme de 74 ans a payé sa sentence. Donnez-lui ce qui lui revient.

mardi 24 novembre 2015

Ces joueurs qui perdent tous leurs moyens...


Une carrière dans la ligue nationale est toujours éphémère. (Ne me parlez pas de Jaromir Jagrou de Chris Chelios, qui sont des sur-hommes...) On peut normalement s'attendre à un certain ralentissement avec l'âge. Mais je me demande surtout pourquoi certains joueurs, à un certain moment donné, perdent soudainement tout ce qu'ils avaient.

Évidemment, si on parle par exemple d'un Theoren Fleury, il est clair qu'il ne s'est pas comporté comme un athlète professionnel durant sa carrière, et s'est uniquement fié sur son immense talent, sans faire attention à l'aspect physique, ce qui a fini par le rattraper. C'est n'est pas un secret pour personne.

Il y a d'autres cas, comme Rick DiPietro, Peter Forsberg, Pavel Bure ou Johan Franzen, où l'usure du corps et l'accumulation des blessures auront eu raison de leur carrière prématurément.

Évidemment, nous ne connaissons pas les habitudes hors-glace de tous les joueurs. Nous ne sommes pas toujours au courant de l'éthique de travail de tous non plus. Mais comment se fait-il que certains connaissent des saisons exeptionnelles, de 40 ou 50 buts, pour finalement frapper un mur, et peiner à même percer l'alignement?

Les exemples les plus frappants sont Vincent Lecavalier (35 ans, a déjà remporté le championnat des marqueurs et une coupe Stanley) et Jonathan Cheechoo (56 buts en 2005-2006).

Je ne veux absolument pas m'acharner sur Alexander Semin, les médias et les partisans le font déjà amplement, mais il fait partie de ce groupe. À 31 ans, un âge où la plupart des joueurs espèrent encore quelques bonnes saisons, il n'est plus capable de rien sur la glace. Ne me parlez pas de manque d'effort,  c'est un compétiteur pour s'être rendu à ce niveau, et il est le premier à le savoir qu'il en est à sa dernière chance.

jeudi 19 novembre 2015

Le prochain point de Patrick Marleau


Le prochain point de Marleau, sera son 1000e en carrière. Ce qui est intéressant dans son cas, est l'étonnante stabilité dont il a fait preuve tout au long de sa carrière, passée au complet avec les Sharks de San Jose.

Sans surprise, il est le meneur de tous les temps chez les Sharks pour les matchs joués, les buts, les points, les buts en avantage/désavantage numérique, et les buts gagnants. Il est 2e pour les mentions d'aide.

Marleau est aussi le 4e joueur de tous les temps dans la ligue nationale pour le nombre de buts gagnants  au sein de la même organisation, tout juste derrière Steve Yzerman, Guy Lafleur et Mike Modano, tous au temple de la renommée aujourd'hui.


Marleau a été sélectionné 2e au total, au repêchage de 1997, tout juste derrière la sélection des Bruins de Boston... Joe Thornton. Ce dernier sera échangé à San Jose en 2005 et formera un duo productif avec Marleau qui dure encore aujourd'hui, 10 ans plus tard.


Ironiquement, ce 1000e point surviendra justement au moment où les rumeurs de transaction impliquant Marleau sont au plus fort. Il n'a pas tellement ralenti, mais les Sharks sont incapables de gagner une coupe Stanley avec le duo Thornton-Marleau, et tranquillement, ils vieillissent, et la porte se referme...